

Catherine Branger
Catherine Branger tire le fil du temps en traçant des lignes. D’expériences en expérimentations, de découvertes en trouvailles, elle tisse son œuvre tel un orfèvre de la couleur et du trait. Valeurs, couleurs, lignes, sont les fondamentaux revisités par l’artiste avec une grande liberté et l’exigence d’une exécution sans bavure. L’omniprésence significative du blanc, les lumières délicates, les dégradés structurants génèrent une œuvre limpide et fascinante.
Les toiles de Catherine Branger ouvrent de nouveaux espaces visuels et façonnent ainsi un autre regard. Selon les propos de l’artiste, l’usage régulier de logiciels de dessin et de retouche photo a marqué ses travaux récents et influencé son approche artistique. En effet, les fonctions « dégradé », « calque », « magnétisme » au-delà de l’application plastique qu’elles induisent, prennent un autre sens, apportant à travers le filtre et par la main de l’artiste, l’échelonnement des couleurs, leur fractionnement, la rémanence des lignes, la transparence des matières, le rayonnement de la toile… envoûtante et magnétique.
Dans la série « In situ », les superbes gouaches de Catherine Branger représentent des intérieurs abritant des œuvres. Il s’agit souvent de son atelier dans lequel sont accrochés ou posés ses travaux. Vibrantes comme la lumière qui se pose sur les toiles, vivantes comme l’atelier dans lequel s’élabore une œuvre, ces « peintures de peintures en situation », trouvent leur souffle propre et respirent l’ombre et la lumière qui les habitent si remarquablement. L’œuvre devient le sujet d’une nouvelle œuvre qui pourrait à son tour être prise comme modèle, c’est dans cette profondeur que vient s’inscrire le spectateur, happé par son propre reflet, pourtant encore invisible.
Sylvie Veyrac
Patrick Beaulieu
La seule évocation des noms choisis par Patrick Beaulieu pour désigner ses pérégrinations performatives – « El perdido », « Méandres », « Evanescence », « Vegas », « Vecteur Monarque », « Ventury », « La Marche du vent » -, nous transporte vers un ailleurs poétique où tout est possible, où « aller nulle part » peut vouloir dire « aller quelque part », « partir de rien » ou « arriver là-bas ». Emmené par le destin, guidé par les papillons Monarques, par les vents ou les courants, Patrick Beaulieu part en excursion quelquefois à pied, le plus souvent à bord de véhicules multifonctionnels et emblématiques de l’œuvre en cours d’élaboration. L’expérimentation se construit au hasard des rencontres et des péripéties, à la faveur de l’énergie et de la sensibilité de l’artiste. La restitution de ces périples au moyen de photographies, de vidéo, d’objets ou de sculptures, convoque le spectateur à un partage généreux, simple et beau, comme la nature et le temps.
Sylvie Veyrac