

Frédéric Fau
De la nature à la toile Frédéric Fau déambule sans cesse un appareil photo, un pinceau ou simplement un crayon en main ou même sans rien car les pensées et les gestes cheminent eux aussi : des arbres aux ciels, des lacs aux montagnes, des plateaux aux vallées …
De ces promenades libres et empiriques, propres ou figurées, naissent des gestes qui ordonnancent la matière sur la toile.
Comme le noir et le blanc, comme le plein et le vide, le hasard et la maîtrise se disputent la toile visant le juste équilibre de la composition.
Les paysages de Frédéric Fau, dont le romantisme relève de l’errance autant que de la digression, apparaissent ou disparaissent dans la matérialité délibérément brillante de la peinture. Le reflet est présent partout, à la surface de la matière, à l’horizon des paysages, dans le lac, la neige ou le nuage devinés, renvoyant l’œil du spectateur de l’un à l’autre pour une fascinante et jubilatoire contemplation.
Etonnante contradiction que celle du peintre qui, littéralement imprégné de paysages et de nature, utilise ces derniers seulement comme prétexte à peindre. Là, un élément graphique, ici un contraste, là-bas une répétition,… et le tableau se construit, intuitivement bien-sûr, à la grâce du geste travaillé et répété mais libre.
Et c’est, au-delà du talent indéniable de l’artiste, cette liberté assumée tant dans la façon d’aborder la peinture dans sa matérialité que dans l’affirmation du paysage comme lieu de promenade picturale qui fait de Frédéric Fau un artiste remarquable.
Sylvie Veyrac
Olga Vieco
L’œuvre d’Olga Vieco se construit au fils des ans dans un aller-retour permanent entre l’atelier et la vie, la vie et l’atelier. La vie dans l’atelier constitue le lien fort, indestructible, qui rassemble ces périodes qui se succèdent et ne se ressemblent pas.
L’intimité de l’atelier est intériorité. C’est dans ce laboratoire, pareil à nul autre, que croît lentement et s’élabore la peinture. A la faveur d’années de travail patient et acharné, Olga Vieco peaufine sa palette, ses matières, son vocabulaire pictural. Le décor posé, la peinture peut avoir lieu.
…Et la peinture a lieu.
Furieusement parfois, dans un corps à corps avec la toile, les pinceaux, les seaux, chiffons, scotch, bouts de bois, éponges, brosses, racloirs… Olga Viego fait de la peinture, un évènement.
Intrinsèquement chaque toile recèle le « happening » sans lequel elle ne serait pas, elle renferme aussi le point d’arrêt décidé par l’artiste. Instant si bref où la peinture est suspendue, où TOUT se joue. C’est cette tension, ce regard de l’artiste sur sa propre création qui accroche le nôtre, lui évite de se perdre et fait naître l’émotion.
Dans cette quête picturale où l’artiste est le seul maître rien n’est jamais définitif, tout est tension/évolution, tout peut toujours basculer et Olga Vieco reprends parfois ses toiles, les transforme. Ainsi la potentialité d’une métamorphose est-elle également contenue dans chaque toile et nous renvoie à notre propre temporalité.
Olga Vieco est de ces rares artistes dont l’œuvre ne s’essouffle ni ne se dilue avec le temps. La maturité lui sied. La richesse de son répertoire et l’énergie maitrisée de ses actes de peintre font de sa peinture une œuvre pleine et entière.
Sylvie Veyrac