{"id":50,"date":"2026-08-16T10:02:37","date_gmt":"2026-08-16T10:02:37","guid":{"rendered":"https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/?page_id=50"},"modified":"2026-08-27T07:44:03","modified_gmt":"2026-08-27T07:44:03","slug":"lentracte-2023","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/index.php\/lentracte-2023\/","title":{"rendered":"2023"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-3a88641f wp-block-group-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"722\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB-722x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-53\" srcset=\"https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB-722x1024.jpg 722w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB-211x300.jpg 211w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB-768x1090.jpg 768w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB-1083x1536.jpg 1083w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB-1444x2048.jpg 1444w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AffichePB.jpg 1748w\" sizes=\"auto, (max-width: 722px) 100vw, 722px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-3a88641f wp-block-group-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"722\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AfficheYC-1-722x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-54\" srcset=\"https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AfficheYC-1-722x1024.jpg 722w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AfficheYC-1-211x300.jpg 211w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AfficheYC-1-768x1090.jpg 768w, https:\/\/lentracte-artcontemporain.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AfficheYC-1.jpg 874w\" sizes=\"auto, (max-width: 722px) 100vw, 722px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Patrick Beaulieu<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En laissant l\u2019absence de son passage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[\u2026] Patrick Beaulieu, aid\u00e9 de \u00ab&nbsp;gu\u00e9risseurs d\u2019\u00e9paves<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>&nbsp;\u00bb s\u2019employant \u00e0 pr\u00e9server le patrimoine halieutique charentais, r\u00e9para l\u2019embarcation puis la dota d\u2019une cabine et d\u2019un syst\u00e8me permettant d\u2019accueillir un hamac-tente de telle sorte \u00e0 gagner en autonomie. C\u2019est ainsi que durant une trentaine de jours, \u00e0 l\u2019automne 2022, il se d\u00e9pla\u00e7a d\u2019Ouest en Est, sur les eaux paisibles de ces canaux b\u00e2tis par des hommes avant lui. Son avancement \u00e9tait parfaitement lent afin de ne pas g\u00e9n\u00e9rer de vagues, de s\u2019enivrer des paysages, d\u2019observer les fl\u00e2neurs le d\u00e9passer, les joggeuses et cyclistes le \u00ab&nbsp;surpasser&nbsp;\u00bb. En quelque sorte, des temporalit\u00e9s intenses venaient renforcer le sentiment d\u2019\u00e9tirement de la sienne parfois rompu par le passage des \u00e9cluses et le repos que les nuits installent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est inexact de concevoir les canaux parcourus par Patrick Beaulieu comme occup\u00e9s par des flots inertes. Par exemple, entre l\u2019\u00e9cluse de la gare Matabiau, \u00e0 Toulouse, et la suivante, celle de Castanet non loin de la Maison Salvan, distante de 12 km, la portion est lentement renouvel\u00e9e d\u00e8s lors qu\u2019un bateau survient. Ce dernier entraine le d\u00e9clanchement du m\u00e9canisme de transvasement&nbsp;et, ainsi, le d\u00e9placement d\u2019une portion d\u2019eau d\u2019un segment de Canal vers un autre. Ainsi l\u2019eau fl\u00e2ne mais, imperceptiblement, depuis le seuil de Naurouze \u2013 point le plus haut de l\u2019itin\u00e9raire \u2013, vers l\u2019Ouest, elle gagne laborieusement l\u2019estuaire de la Gironde, vers l\u2019Est, elle s\u2019\u00e9coule tranquillement vers S\u00e8te et la M\u00e9diterran\u00e9e. Patrick Beaulieu s\u2019inspira peut-\u00eatre de cet \u00ab&nbsp;infra-flux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[\u2026] R\u00e9guli\u00e8rement, comme par un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019aspiration, le \u00ab&nbsp;vaste monde&nbsp;\u00bb qui converge en l\u2019artiste Patrick Beaulieu se retrouve situ\u00e9 dans la t\u00e9nuit\u00e9 d\u2019espaces d\u2019exposition de quelques m\u00e8tres carr\u00e9s&nbsp;; c\u2019est le cas de la Maison Salvan au printemps 2023 alors qu\u2019elle re\u00e7oit son projet \u00ab&nbsp;transvasements&nbsp;\u00bb. [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;transvasements&nbsp;\u00bb est au final une exposition d\u2019excursionniste-performeur sensible qui transmue en \u0153uvres des divagations \u00e9tir\u00e9es tout au long d\u2019une travers\u00e9e occup\u00e9e \u00e0 voir le territoire se modeler nonchalamment. Patrick Beaulieu proc\u00e8de par choix, il ne s\u2019agit \u00e9videmment pas de rendre compte d\u2019une totalit\u00e9. Le \u00ab&nbsp;d\u00e9cor&nbsp;\u00bb et son \u00ab&nbsp;envers&nbsp;\u00bb apparaissent comme une entr\u00e9e possible pour appr\u00e9hender l\u2019ensemble du corpus d\u00e9ploy\u00e9 qui comprend principalement des objets collect\u00e9s et resitu\u00e9s, une \u00e9vocation en volume de la lasse, des photographies et des vid\u00e9os. Au travers de ces derni\u00e8res, ils nous renvoient quelques signes inattendus de ces canaux, appelant habituellement \u00e0 la balade familiale. Il nous montre beaucoup de textures et des mati\u00e8res vieillissantes cach\u00e9es sous les ponts, des embarcations en fin de parcours ou encore des construits industriels d\u00e9chus. Par-l\u00e0, il souligne que ces canaux impliquent une stratification, cons\u00e9cutive \u00e0 des gestes ou des pr\u00e9sences d\u2019humains d\u2019autrefois, et que ces voies navigables constitu\u00e8rent un contexte d\u2019usages qui s\u2019est \u00e9teint. Au fil de ses eaux, le Canal du Midi draine des images fugaces d\u2019un avant oubli\u00e9 que Patrick Beaulieu a su saisir par quelques signes qui, m\u00eame faiblement d\u00e9celables, perdurent. [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>Nous savons d\u00e9sormais<\/em> [\u2026]<em>, que nous ne sommes pas les seuls \u00e0 parler, que le langage et la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9change s\u2019\u00e9tendent tr\u00e8s au-del\u00e0 des mondes humains&nbsp;: \u00e0 la nature tout enti\u00e8re, \u00e0 la vie m\u00eame, comprise d\u00e9sormais comme un vaste \u00e9change de signes&nbsp;<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Patrick Beaulieu nous ram\u00e8ne certains de ces signes que sa d\u00e9marche, pr\u00e9cis\u00e9ment, lui permet de recevoir. Et son exposition est effectivement peut-\u00eatre un coquillage qui les murmure \u00e0 nos oreilles. Alors on ressent, par exemple, la pluie sur notre visage, on ressent toutes les pluies du monde sans aller l\u2019entacher de notre pr\u00e9sence inutile. On per\u00e7oit une g\u00e9ographie, utilis\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9cr\u00e9ative, qui tout \u00e0 coup veut nous parler d\u2019elle de mani\u00e8re plus sensible et compl\u00e8te, y compris en nous proposant de la penser dans le temps. Le pass\u00e9 alt\u00e9r\u00e9 est dans la lumi\u00e8re du pr\u00e9sent, encore faut-il avoir les yeux de Patrick Beaulieu pour le d\u00e9celer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Extraits du texte de Paul de Sorbier<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Directeur de la Maison Salvan \u00e0 Lab\u00e8ge<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Exposition \u00ab&nbsp;transvasements&nbsp;\u00bb, Patrick Beaulieu, Maison Salvan, Lab\u00e8ge&nbsp;&#8211; L\u2019ENTRACTE, Nailloux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> https:\/\/www.lassesmarennaises.fr\/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Marielle Mac\u00e9, <em>Une pluie d\u2019oiseaux<\/em>, Paris, \u00c9ditions Corti, 2022.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Yvonne Calsou<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Saisir la lumi\u00e8re fugace des ombres, observer l\u2019\u00e9coulement silencieux du temps, tenter de le mesurer par l\u2019effacement puis la trace, cartographier la m\u00e9moire par le percement de trous d\u2019\u00e9pingle dans le papier pour renouer avec les bribes lointaines de l\u2019enfance\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Yvonne Calsou vit son \u0153uvre \u00e0 l\u2019instant et \u00e9prouve la substance du temps \u00e0 travers de multiples exp\u00e9riences plastiques, sonores, visuelles. La disparition, qui fait suite \u00e0 l\u2019effacement, tel le <em>e<\/em> dans le roman \u00e9ponyme de Georges Perec, affirme la pr\u00e9sence de ce qui a \u00e9t\u00e9, est encore, et ne sera plus peut-\u00eatre un jour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A travers cette inextinguible qu\u00eate de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, Yvonne Calsou exp\u00e9rimente le ruissellement des secondes, des jours, des saisons. L\u2019\u0153uvre se construit avec et dans l\u2019espace investi, en utilisant les flux et perceptions qui s\u2019y succ\u00e8dent, r\u00e9veillant ainsi la m\u00e9moire du lieu. La lumi\u00e8re y r\u00e9v\u00e8le les silences et les ombres dessinent les formes. L\u2019espace prend vie par la main, le regard ou l\u2019\u00e9coute de l\u2019artiste, l\u2019\u0153uvre \u00e9merge, simplement. Impr\u00e9gnation. Patience.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les photographies d\u2019Yvonne Calsou figent un instant de lumi\u00e8re fugitive, les dessins, en se les appropriant avec force, les r\u00e9inventent, le passage au n\u00e9gatif se joue parfois des ombres. Ses vid\u00e9os o\u00f9 d\u00e9filent lentement des images fant\u00f4mes interrogent le temps et renversent l\u2019espace, ses fen\u00eatres aux rideaux figur\u00e9s tracent au sol et sur les murs festons et guipures. Enfin, ses cartographies c\u00e9l\u00e8brent la blancheur et le silence de la m\u00e9moire enfuie, \u00e9pingl\u00e9e, perc\u00e9e, fragiles tentatives de restitution, dentelles de papier suspendues, livr\u00e9es au souffle d\u2019une brise venue d\u2019ailleurs. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sylvie Veyrac<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Patrick Beaulieu En laissant l\u2019absence de son passage [\u2026] Patrick Beaulieu, aid\u00e9 de \u00ab&nbsp;gu\u00e9risseurs d\u2019\u00e9paves[1]&nbsp;\u00bb s\u2019employant \u00e0 pr\u00e9server le patrimoine halieutique charentais, r\u00e9para l\u2019embarcation puis la dota d\u2019une cabine et d\u2019un syst\u00e8me permettant d\u2019accueillir un hamac-tente de telle sorte \u00e0 gagner en autonomie. 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